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L‘autre personnage féminin, situé à gauche sur la photo, ne semble pas jouer dans la même catégorie que la Jeune prêtresse. La fresque de cette femme, représentée de profil et un peu plus petite que grandeur nature, a été retrouvée dans la maison des Dames à Akrotiri sur l’île de Santorin. Il ne s’agit donc pas de la même maison ni sans doute du même artiste. D’ailleurs le trait est plus fin et plus précis et le visage est traité avec plus de délicatesse. Le personnage est comme encadré par une volute censée représenter la voûte céleste. Les étoiles à quatre branches sont centrées dans un quadrillage en pointillés, qui évoque sans doute leur scintillement. La dame est légèrement voûtée pour entrer dans l’espace délimité par la bordure. Cette fois-ci, on voit clairement qu’on a affaire à une dame de l’aristocratie. Tout le prouve dans son habillement minoen et son apparence soignée. La recherche des couleurs bayadères, la superposition de trois jupons, les froufrous et les franges, les rayures fantaisies du corsage moulant, la longue chevelure aux ondulations soignées, les boucles d’oreille en or et jusqu’au rouge sur les pommettes, sans doute réservé à une élite qui a du temps libre et des servantes pour se faire pomponner. Les bras ballants devant elle, les pieds l’un devant l’autre en position de marche, la ceinture en forme de serpent en suspens derrière elle, tout suggère qu’elle est en mouvement, légère et libre. J’ai peut-être mauvais esprit… mais moi, je vois une jeune femme à l’allure décidée, les yeux levés au ciel en signe d’agacement, une jeune femme qui m’a l’air bien énervée !
Fresques de la maison des dames. Akrotiri, Santorin. Musée archéologique d’Athènes.