Les dames d’Akrotiri, 1

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Un guide de sites archéologiques place l’une à côté de l’autre, sur une même page, ces deux dames que tout semble opposer et dont l’une semble tourner le dos à l’autre… Pour l’instant, intéressons-nous à celle de droite.

Cette fresque d’une femme de profil se trouve sur le montant d’une porte de la maison Ouest, à Akrotiri  au sud-ouest de l’île de Santorin. La première curiosité de cette représentation porte sur les différents traitements du personnage. Le haut est bien différencié et rendu avec soin : mains fines, dentelles sur les bras, boucles d’oreilles de type créoles, collier et bracelets bleus, maquillage et coiffure en serpents. Par contre le vêtement est traité en masse. La dame est engoncée dans une longue et lourde robe de laine qui fonctionne comme une carapace.  La deuxième curiosité concerne le rendu du dessin et les proportions qui nous heurtent par leurs maladresses. Si les yeux de face dans un visage de profil sont une convention orientalisante habituelle,  le buste est mal proportionné et le mouvement des épaules paraît contraint et maladroit. Dans cette fresque il y a du beau et du moche !  La troisième curiosité est la place que la fresque occupe dans la maison. La représentation en pied d’un grand personnage paraît bizarre sur l’étroitesse d’un support qui se veut d’abord fonctionnel…  Est-ce une servante qui passe de pièce en pièce ?  Cette hypothèse est mise à mal par les détails du vêtement. On voit mal une servante porter des manches de dentelles bleues, un long rabat frangé dans le dos et des bandes de broderies dans le bas de sa robe.  Est-ce une prêtresse en raison de la curieuse coupe ajourée identifiée comme un brûle-parfum ? La scène est saisie sur le vif. De la main gauche la dame soutient la coupe et de la droite elle soulève le couvercle pour répandre les essences. Est-ce à ce titre qu’elle passe de pièce en pièce ? Fait-elle un rituel de purification ? Que fait-elle brûler ? De l’encens ?… ou bien d’autres plantes aromatiques comme le laurier et la sauge … ?

Jeune prêtesse. Akrotiri, Santorin. Musée archéologique d’Athènes.   

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