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En me promenant dans Délos, au détour d’une maison du quartier nord, j’aperçois quatre belles amphores bien disposées devant un muret. Trois presque identiques, une plus petite et plus renflée avec la lèvre brisée. Puis au-dessus sur les pierres trône un col orphelin mais bien proportionné encore muni de ses anses et devant par terre des débris de poteries, un pied d’amphore (on dit aussi plus prosaïquement : le cul), des lèvres et encore une belle amphore joufflue presque intacte. On dirait une mise en scène… Et c’en est sans doute une, car il est peu probable qu’on ait retrouvé 5 amphores entières au même endroit, bien positionnées les unes à côté des autres… Peu importe, j’ai envie de dire ! Celui qui a fait ça a cru bien faire. Il les a rangées comme il a voulu, sans doute pour refaire un décor crédible, pour les mettre en valeur, pour les faire tenir plus sûrement. Peu importe ses intentions. Elles sont là et nous montrent leur rondeur, leur forme équilibrée, leur similitude et surtout leur différence. Ce ne sont que des ustensiles utilitaires pour le transport et la conservation des aliments, mais elles manifestent une sorte de perfection. Pas sûr que les touristes des siècles futurs trouvent autant de charme à nos Tupperware …
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