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Vous me direz : « Qu’est-ce que vous en savez ? » Et je vous répondrai : « Je le sais, parce que tout dans sa posture me le montre» : épaules basses, bras tendus, jambes écartées à cause des crampes, dos courbé, petit coussin pour amortir les douleurs des muscles fessiers. Bien sûr il y a une belle mosaïque à découvrir et peut-être à sauver, mais autour sous le cagnard et la poussière ce sont les moustiques, les voitures qui passent, les gravats, les tuyaux, les grillages… Qu’est-ce que c’est moche ! A côté d’elle, la panoplie de celui qui creuse : seau, sac poubelle, éponge de chantier et jerrican d’eau pour nettoyer un peu tout ça… Et encore à côté, le vademecum nécessaire : petite bouteille d’eau minérale, téléphone protégé au minimum sur un journal. Et finalement tant que les tessères ne sont pas nettoyées, tant que la terre ou le ciment qui les recouvrait n’est pas totalement éliminé, la mosaïque on ne la voit pas bien et même peut-être pas du tout … Bien sûr on distingue des poissons, des rosaces et des croix compliquées mais surtout des trous, des arrachements, des tessères qui se baladent et qu’on ne sait pas replacer à leur endroit d’origine. De quoi, si on osait, ficher un bon coup de pied dans tout ce fatras ! Quand nous admirons les superbes mosaïques dans les musées, ayons une petite pensée pour les archéologues …
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