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Comme la maison de Séféris, la maison de Ritsos sur les fortifications de Monemvassia en laconie, est une maison patricienne. Au fil des vers et des mots, le poète mentionne : une aiguière, une statue, des icônes anciennes, la vaste terrasse, un fauteuil, le piano, un grand buffet, la table sculptée. Au début du XX° siècle, on ne pouvait trouver aucun de ses objets dans une maison populaire … Mais si les maisons de Séféris à Smyrne ou à Skala, avant d’être défigurées aux yeux du poète par ses occupants turcs, avaient été un havre de paix et de joie, la maison familiale de Ritsos exsude la contrainte, la tristesse, la fatalité :
«- Cette maison ne peut plus me supporter
Je ne peux plus la supporter sur mon dos… »
Jusqu’au piano qu’utilisait sa sœur qui est comparé à un « sombre cercueil clos »…
La maison vit au rythme des douleurs de cette famille qui est minée par le déclassement et la pauvreté, la maladie et les suicides. Elle survit plutôt, car elle menace de s’écrouler comme la vie du poète qui va de ruine en ruine et qui, malgré tout, se donne pour mission d’en être le mur porteur:
« Soutenir le mur avec le grand buffet
Soutenir le buffet avec la table sculptée
Soutenir la table avec les chaises
Soutenir les chaises avec ses mains
Mettre son épaule sous la poutre qui vient de plier. »
Extraits de La sonate au clair de lune.
Photo: Athènes, maison patricienne. (c) tous droits réservés à GP.