Il y a des parents qui exagèrent …

Temps de lecture: 3 minutes

Georges Vizyïnos dans un petit livre, qui peut donner des cauchemars, intitulé « Le péché de ma mère » met en scène un personnage qui parle à la première personne. Est-ce l’auteur ou bien quelqu’un d’autre ? En tout cas, c’est un jeune garçon qui a la surprise d’entendre un jour dans l’église du village sa mère faire un marché, dont il est l’objet, avec le Christ. Il s’agit qu’il meure afin que sa sœur malade vive ! Donnant donnant ! Un enfant pour un autre ! Puisqu’il faut en perdre un, autant choisir le garçon, qui a fait l’erreur de naître après la mort d’une première petite fille dont le décès est, paraît-il,  imputable à la mère ! On imagine le poids qui pèse sur un enfant qui sait que sa mère ne veut pas de lui, lui préfère sa sœur, lui fait jouer le rôle du bouc émissaire et qui finalement est coupable de vivre alors que ses sœurs meurent. L’enfant manipulé, compatissant ? s’offre de lui-même en sacrifice, mais sa seconde sœur meurt de tuberculose. J’ai envie de dire « heureusement » bien que ce terme soit choquant … et déjà à la page 30, on a envie que l’histoire s’arrête ! Or c’est l’inverse, l’horreur continue car cette seconde mort est comme la denture d’un engrenage dans la folie de la mère. Son rapport expiatoire et délirant aux filles ne finit pas après la fuite du garçon à l’étranger alors qu’il n’a que 10 ans, après l’adoption d’une troisième fille qui quitte la maison dès qu’elle peut, après l’adoption d’une quatrième fille qui fait fuir les deux garçons qui restent encore à la maison… Et tout ça pour quoi ? Pour rien ! Car on comprend à la fin du livre que si la mère, dans sa misérable vie de femme non éduquée,  pense avoir étouffé dans son sommeil sa première fille, la mort de celle-ci est plutôt due à un accident de la vie appelé maintenant : la mort subite du nourrisson. Par contre, la véritable culpabilité de la mère est bien établie dans le marché insensé qui lui fait dire : « Prends-moi celui que tu veux (…) et laisse-moi ma petite. (…) j’ai amené deux enfants à tes pieds… Accorde-moi la fille ! » On comprend la réaction brutale du petit garçon : « Quand j’entendis ces paroles, un frisson glacial courut dans mes veines (…) Mes dents s’entrechoquaient d’épouvante, et moi je courais et je courais … » On comprend pourquoi il courut jusqu’à Constantinople ! 

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

Laisser un commentaire