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Nous sommes au début du XX° siècle. Les bains de mer ne se sont pas encore à la mode en Grèce et personne ne parle de bronzage. Si on se trouve dans l’eau, c’est qu’on pêche poissons et oursins, qu’on pose des casiers à crabes ou à homards, qu’on rince son linge après l’avoir lavé sur les rochers, qu’on nettoie son bateau ou qu’on est tombé fortuitement à la mer … A partir de ce lieu de travail, de cet élément qu’on craint aussi quelquefois, Séféris va essayer d’ordonner la nature, de lui donner du sens, de faire un tout harmonieux d’une énumération chaotique où se côtoient le pigeon, le dauphin et les arêtes de poissons :
Και ταξιδέυαμε ανάμεσα σ´ακρογιαλιές νησιών γυμνές
σαν κόκκαλα ψαριού παράξενα στην άμμο,
Κι είπαν ολάκερος ο ουρανός ένα μεγάλο φτερό περιστεριού μ´ένα ρυθμό
σιωπής , άδειος κατάσπρος
Και τα δελφίνια κάτω από το χρωματιστό νερό μαυρίζανε γρήγορα σαν τα κινήματα της ψυχής.
Et nous voyagions parmi des îles aux rivages nus comme d’étranges arêtes de poisson sur le sable,
Et le ciel tout entier, comme une grande aile de pigeon au rythme du silence, vide et tout blanc,
Et les dauphins au fond assombrissaient l’eau moirée, rapides comme les mouvements de l’âme.
Journal de bord, les anges sont blancs.
Traduction: GP. Photo: (c) tous droits réservés à GP.