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L’archéologie, c’est quelquefois de la déduction. On trouve un bout de truc bizarre et on essaie de comprendre à quoi ça se rattache et surtout à quoi ça pouvait bien servir… Mais bien souvent on a du dur, du réel, du solide, de l’incontestable ! On a trouvé sur le site d’Akrotiri sur l’île de Santorin des restes d’oursins dans des jarres, une ruche en terre cuite, des poids de métier à tisser et que dire de plusieurs centaines d’enclumes en pierre ? A l’occasion des fouilles de la maison Δ2, là-même où se trouve la fresque du paysage aux lys, une cavité une fois remplie de plâtre a révélé la présence d’un lit que l’on a pu reconstituer avec une structure en bois et un matelas de peau tendu par des cordes. Je le regarde attentivement et remarques et questions se bousculent dans ma tête: Il ne semble ni très large ni très long, est-ce le couchage d’un adulte, d’un gamin ou un petit lit de repos ? La peau du matelas pour ne pas se déchirer doit être épaisse, est-ce que c’est confortable ? J’ai l’impression que dans un pays chaud ce matelas rudimentaire fait transpirer plus que de raison… Il n’a pas l’air bien stable…et déjà j’imagine le sort de celui qui s’y installe sans précaution… et soudain ce détail comique me rappelle irrésistiblement un souvenir personnel… Je sais ! C’est le lit Picot de mon enfance !
Musée archéologique d’Athènes.