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Vous me direz que c’est une manie bien inoffensive, d’autant qu’impossibles à collectionner physiquement elles ne génèrent pas d’encombrement intempestif. Je ne vous parle pas d’hideuses portes en PVC, mais de vraies portes traditionnelles qui ouvrent sur les jardins tout en les protégeant des regards. Historiquement, la nécessité de dérober à la vue des occupants ottomans les petites richesses des Grecs les a conduits à délaisser les façades de leur maison. Il valait mieux faire croire qu’on était pauvre, on payait moins d’impôts et c’était moins risqué…Toutes sortes de portes s’offrent à notre vue dans les villages et certaines surprenantes : porte en bois plein, haute et bien fermée à l’entrée d’un jardin alors que la clôture, elle, ne dépasse pas 1 m de haut ! Porte de chapelle semblable à une porte d’entrée de maison ! Porte d’un champ sans aucune clôture ! Et c’est vrai qu’en Grèce, si j’excepte les demeures patriciennes qu’on voit encore dans les grandes villes, ce sont souvent de pauvres portes un peu déglinguées, peintes à la va-vite avec les fonds de pots de peinture utilisés pour les volets ou le caïque. Si les ruines ont leur charme, moi je revendique le charme du déglingué !
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