Temps de lecture: 1 minute
Je compatis vraiment à l’inquiétude des habitants de Santorin, Théra ou Fira, comme vous voulez… Mais pourquoi ne suis-je pas plus étonnée que ça, en lisant que plus de 11 tremblements de terre en seulement quelques heures ont effrayé depuis quelques jours les habitants, leur ont fait fermer les écoles et interdire la promenade sur les plages de la caldeira. Quand on se promène sur l’île un peu en dehors des sentiers battus, on remarque des murs effondrés, des arcades couchées par terre dans l’herbe un peu plus qu’ailleurs en Grèce. Ces ruines ne doivent rien à l’usure du temps, mais sont les témoins du dernier grand tremblement de terre qui a eu lieu en 1956. Cela peut paraître très lointain, mais pour les personnes de mon âge c’est très près. Le volcan a récidivé de façon moins importante en 1988 et les touristes qui déferlent l’été sur l’île sont loin de se douter que l’activité du volcan n’est qu’en sourdine. Maintenant que les touristes sont canalisés sur des sentiers balisés ils ne s’aperçoivent plus de grand-chose, mais à l’époque où on se promenait comme on voulait sur le volcan, je me rappelle avoir pensé qu’on aurait pu aisément faire cuire des œufs durs sur la terre brûlante, près des soupapes naturelles qui exhalaient vapeurs et odeurs d’œuf pourri. Ces jets de vapeur soufrée qui s’élèvent à intervalles réguliers sur le volcan comme des jets de cocotte-minute, ces fumerolles, ces trous bordés de cristaux en franges jaunes, ces odeurs d’hydrogène sulfuré sont là pour nous le rappeler.
Photo: (c) tous droits réservés à GP.