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Lundi de la Pâque, comme prévu, nous sommes au rendez-vous à 17h sur la place d’Apéri. Dans un recoin de la place du village, sur le côté de l’église d’Aghios Charalambos, l’épitaphios désormais dépouillé de ses décorations montre une structure de bois rembourrée de mousse verte où les fleurs ont été piquées quelques jours plus tôt. Il attend d’être rangé. Voilà Vassili qui arrive avec son κάτσουνα (arbre à koulouria) et ses copains musiciens porteurs d’une lyre crétoise (Vassili me dit que c’est une lyre de Karpathos) et d’un laouto, sorte de gros bouzouki. Ils nous accueillent à bras ouverts et nous invitent à les suivre dans les maisons où ils sont attendus avec boissons, gâteaux et bonbons. C’est un peu gênant de pénétrer chez des gens qu’on ne connaît pas, mais Vassilis nous presse de les suivre. Nous descendons dans le bas du village jusqu’à la dernière maison où des ados nous reçoivent sans façon. Leurs parents sont je ne sais où, les grands-parents ont dû s’absenter et deux jeunes de 14 et 16 ans ont ouvert exprès pour nous la maison familiale et prennent les choses en main. Ils nous offrent des chocolats pendant que Vassili et les musiciens chantent des chants traditionnels qui me semblent avoir une connotation religieuse. C’est difficile de se rendre compte : le chant est lancinant et monocorde comme une litanie, la langue ancienne avec des répétitions, les instruments plutôt aigrelets… J’ai l’impression qu’il s’agit d’une sorte de bénédiction de la maison et de ses habitants. Puis nous remontons, passons devant l’église et un jeune olivier bien vigoureux. Vassilis se lance dans des explications : c’est l’olivier qu’il a planté en 2004 avec des copains de Karpathos sélectionnés comme lui pour représenter la Grèce aux Jeux Οlympiques ! D’ailleurs ce spécialiste des 3000m de course à pieds a porté la flamme olympique… tout s’explique ! Je comprends mieux qu’il monte aussi gaillardement toutes les marches qui se présentent devant lui ! Sur la place de l’église derrière une porte en bois, Vassili a ouvert depuis un an un petit musée où il entrepose des costumes traditionnels. Il déplie pour nous jupes larges et brodées, tabliers chatoyants, larges colliers de poitrine en argent (pectoral), pantalons brodés, gilets de velours. Il sort des tiroirs coutelas incrustés d’ivoire et d’un grand placard bottes de Karpathos bicolores en cuir de veau et peau retournée. En passant devant le café ottoman, il nous invite à y écouter le soir-même des mandinades, chants traditionnels de Crète, Rhodes et Karpathos, finalement de l’arc oriental des îles grecques et qui sont inscrits au patrimoine immatériel de l’Unesco. Rendez-vous est pris pour 20h !
Photo: (c) tous droits réservés à GP.
Quelle fin de journée magique !!! Et le tissu (brocart?) que tu as photographié est magnifique. Tes petits enfants ont là des impressions et des rencontres exceptionnelles !!!
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les tissus sont d’anciens tabliers de fête brodés par les générations précédentes. Mais cet art n’est pas complètement perdu, je connais pas mal de jeunes qui brodent encore.
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