La Résurrection à Saint-Minas, 5

Temps de lecture: 2 minutes

Vendredi-Saint, nous commençons à avoir depuis quelques années nos habitudes à Saint Minas, petit oratoire dans une grotte en bord de mer, non loin de l’aéroport de Karpathos. D’ordinaire les militaires ouvrent le chemin qui passe dans leur base aérienne à 21h. Nous nous présentons un quart d’heure avant, car je n’ai pas envie de marcher dans l’obscurité complète sur un chemin caillouteux… Personne ! Aucune voiture, pas de bidasse dans la guérite et je commence à me demander si je ne me suis pas trompée d’heure. Arrive un soldat qui me demande d’un air soupçonneux ce que nous venons faire et de quel pays nous arrivons. Je susurre d’une petite voix mal assurée que nous venons pour la cérémonie de la Résurrection et que nous sommes Français. Il me dit d’attendre et de me garer ailleurs. Tout un tas de questions m’assaillent : Est-ce que la Pâque ne se fête plus ici, est-ce que nous sommes arrivés trop tôt, est-ce que la base est interdite aux étrangers, est-ce que j’ai ma carte d’identité dans mon sac, est-ce que nous sommes suspects avec notre voiture de location, est-ce qu’on nous prend pour d’éventuels terroristes ? En ce cas, le soldat ne nous a pas bien regardés, il aurait vu que nous avons dépassé l’âge de faire des folies ! Quelques minutes après les voitures commencent à arriver, à se mettre en file et nous traversons la base militaire sans plus de formalités, passons devant des hangars, longeons la piste et négocions avec un soldat en faction devant une barrière un arrêt assez loin de la grotte, pour éviter la gigantesque cohue de la sortie, car à vue de nez il y a plus de 500 voitures garées un peu n’importe comment. Bien que le bruit du ressac contre le rocher soit toujours aussi inquiétant, l’escalier toujours aussi branlant et l’atmosphère des fidèles toujours aussi bon-enfant et familiale, cette année tout se passe bizarrement et très vite : beaucoup moins de monde que d’habitude, la cérémonie commence avant l’obscurité complète, les popes et l’archimandrite arrivent sans délai, les cierges s’allument très vite autour de nous (enfin sauf le mien qui fait de la résistance), les prières de l’évêque me semblent vite expédiées et cette année, pas de discours ! Impossible de savoir pourquoi nous n’avons droit qu’à une demi-cérémonie, peut-être par peur de la Covid ? Mais le retour se passe dans la grande tradition : marche dans la nuit noire sur les cailloux, cohue pas possible et retour des voitures à la queue leu leu sur la petite route. Je ne sais pas si Saint Minas est content, mais moi je suis un peu déçue !

Photo: Sur la route de Saint-Minas.(c) tous droits réservés à GP.

Une réflexion sur “La Résurrection à Saint-Minas, 5

  1. Saint Minas était occupé ailleurs c’est sûr !!! Le retour que tu décris ressemble fort à celui que l’on connaît après une représentation théâtrale dans le cirque de Gavarnie : pas très confortable …

    J’aime

Répondre à annietc1 Annuler la réponse.