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Ossios Loukas,3
Dans la chapelle sud-ouest du monastère d’Ossios Loukas, une fresque d’un saint martyr syrien des III/IV° siècles, dont le nom présente une hérédité à la fois curieuse et évidente avec un dieu romain… Comme le raisin, il aurait été foulé aux pieds jusqu’à en mourir. Ce Saint Bacchus est identifié de part et d’autre du visage par deux inscriptions verticales en majuscules, à gauche Ὅ ΑΓΙΟΣ avec le iota caché sous la branche du gamma et le sigma final réduit à une virgule. Du côté droit BAXOC. Il se présente vertical et raide, habillé comme un contemporain du X° siècle. L’artiste a pris un soin particulier à détailler les différents vêtements : chemise beige dont les manches apparaissent sur les avant-bras, calçons écrus dépassant sur des bottillons de la même couleur, toge blanche richement bordée de bandes tarabiscotées et dorées, ceinture ornée de pierreries ou de broderies en forme de fleurs et manteau brun clair. Le peintre a marqué les plis du vêtement comme dans les représentations des icônes et a créé des volumes aux niveaux des genoux et du ventre. Cette profusion d’ornementation et l’opulence des vêtements contraste avec la rigidité du personnage et la convention de ses gestes : main droite tenant une croix, main gauche ouverte vers le ciel. L’austérité du visage ressort bien dans la couleur bleue foncée de l’auréole: chevelure bouclée et « domestiquée » encadrant un visage sévère, regard fixant un point lointain un peu au-dessus du commun des mortels…
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