Exorcisme moderne …

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tel qu’il nous est présenté dans Pâques au village d’Antonis Sourounis. Se munir d’un verre d’eau, d’amulettes et d’un rameau de basilic ! Il faut dire que le héros du roman, Photis, a le visage enflé comme une outre. Il a suffi que sa tante le regarde pour qu’il se mette à gonfler et à perdre toute figure humaine. Le médecin déclare forfait, il ne reste plus qu’à s’adresser à la rebouteuse du village qui pratique l’exorcisme, la mère Despo :

«  Je regardais ses doigts qui plongeaient la croix dans l’eau du verre… (…) Je bâillai deux ou trois fois de suite, très fort, à m’en décrocher la mâchoire. Au même moment la mère Despo pâlit et vacilla, comme si elle allait s’évanouir.

-Ah, la carne, c’est qu’elle a un oeil du tonnerre de Dieu ! fit-elle d’un ton admiratif, en regardant le verre. toute l’huile est partie dans l’eau…

Quand, par la suite, elle me balaya la figure avec un brin de basilic trempé dans ce mélange, il y eut un contact inouï entre mon corps et l’élément liquide. Jamais ce dernier n’avait été aussi vivifiant, aussi bienfaisant. Il avait suffit de trois gouttes pour que je me sente, non seulement remis, mais débordant de santé. » (p. 96,97)

Photis expérimente dans sa chair « quelque chose » qui le dépasse et auquel il ne comprend rien… et pourtant rien ne le préparait à l’introspection mystique : il roule n’importe comment et aussi vite que le lui permet sa 2 Ch, picole du Jack Daniels tant qu’il peut et se préoccupe surtout de sa belle maîtresse. Bien sûr il ne croyait pas au mauvais oeil, mais son séjour au village et sa subite « maladie » le replacent face à lui-même et à ses incertitudes…

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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