La pleureuse du mirologue

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Suite de Le mirologue, ça existe encore ?

Pourquoi est-ce toujours une femme qui chante le mirologue, faut-il y voir une survivance des pleureuses antiques ? La femme est familière de la douleur (règles, accouchement) et à ce titre, elle s’occupe depuis toujours des femmes en couches, des malades et des mourants. En chantant elle continue pour ainsi dire son geste apaisant car le mirologue, c’est un peu la berceuse du mort… De plus, elle seule peut pleurer sans qu’on le lui reproche. Cette lamentation funèbre est la revanche de la femme qui pour une fois a le premier rôle, qui peut s’affirmer et dire ce qu’elle pense devant un public muselé par les conventions sociales. Personne ne va l’interrompre ni dire le contraire… A cette occasion, elle peut sortir du carcan de la société grecque traditionnelle qui veut que ses cheveux soient attachés ou du moins bien peignés, qu’elle ne crie pas, qu’elle ne fasse pas de grands gestes tourbillonnants. Dans le mirologue elle a tous les droits : sangloter et défaire sa coiffure, trépigner et battre l’air de ses mains, appeler le mort par son prénom, critiquer la société, évoquer le corps désirable du défunt, hurler sa haine de la séparation définitive, inventer un voyage lointain, parler d’amour et même … invectiver violemment le mort qui a eu le culot de mourir, de laisser sa famille dans le besoin et de la faire souffrir ! Il est mort, c’est sa faute !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

2 réflexions sur “La pleureuse du mirologue

  1. Bonjour,
    J’ai été très intéressée par votre récit concernant le mirologue. En effet dans nos vallées pyrénéennes (je suis mi-béarnaise mi-bigourdane) il y a encore 1 siècle on trouvait des pleureuses professionnelles….. ou non. Je vous indique, si le sujet vous intéresse, un article de quelques pages à ce propos sur http://www.cairn.info « Les pleureuses et crieuses d’enterrement dans la France méridionale » de Jean-Luc Laffont. Cairn est une maison d’édition.
    Merci pour tous vos articles, je les lis avec délice.
    Nicole Dupierris

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    1. Merci pour vos remarques et les références que vous me donnez ! Bien qu’étant moi-aussi mi-bigourdane ( Médous d’Asté ) et mi- languedocienne, je n’en avais jamais entendu parler. Merci aussi pour la remarque très aimable concernant mes articles, cela me fait d’autant plus plaisir que j’écris comme je le sens pour des gens que je ne connais pas et qui habitent partout dans le monde ! Cela fait beaucoup de flou… un retour est toujours apprécié. Geneviève Puig

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