Compris ?

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En ouvrant du courrier rangé dans une malle, je retrouve une lettre très coloriée avec de beaux dessins de poupée et  de château fort. Je suis émue, c’est la lettre de remerciement qu’Andigoni et son petit frère m’ont envoyée, il y a longtemps.

Juillet 1971- Egine. Je me promène dans l’île, emprunte un sentier, déboule dans une impasse. En face de moi, une clôture de fils de fer barbelés m’interdit de passer. Je rebrousse chemin. Je n’ai pas compris ce qu’il y avait derrière les barbelés.

Septembre 1972- Athènes. Anna m’amène prendre un verre dans un café du centre. Elle regarde de tous les côtés pour voir d’où surgira Spiros. Il arrive d’on ne sait où, s’assied à notre table. Il est étudiant à l’Ecole Polytechnique où Anna donne des cours. Ils se mettent à parler à voix basse, presque sans bouger les lèvres. Je n’ai pas compris ces chuchotements.

Noël 1973- Arta. Anguéliki m’amène rendre visite à Pan et sa famille. La maison se trouve dans un village. La conversation s’engage pendant que la femme de Pan nous sert le café. Je n’ai jamais eu ce type de conversation, avec une personne aussi cultivée, dans une maison d’apparence si pauvre…. du genre dialectique politique avec un agrégé de philo dans un garage ! Les enfants n’ont aucun jouet, ils s’amusent par terre avec une petite chèvre. Je me promets de faire parvenir, dès mon retour en France, une poupée à Andigoni et des Légo à son petit frère. J’ai compris que Pan sortait de prison.

Août 1977- Quelque part dans le Péloponnèse. J’entre dans une boutique. La commerçante est occupée avec une autre cliente. Je fais le tour du magasin et derrière la caisse je vois une grande photo encadrée de Pattakos, Papadopoulos et … je n’arrive jamais à me rappeler le nom du troisième… Grands sourires carnassiers, boules à ras. C’en est trop pour moi. 4 ans après, ils sont encore là ! Je ressors du magasin.               Cette fois, j’ai compris !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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