Extrait du Prologue de l’Evangile selon saint Jean (à suivre)
Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος,
καὶ ὁ Λόγος ἦν πρὸς τὸν Θεὸν,
καὶ Θεὸς ἦν ὁ Λόγος.
Οὗτος ἦν ἐν ἀρχῇ πρὸς τὸν Θεὸν.
Πάντα δι´αὐτοῦ ἐγένετο,
καὶ χωρὶς αὐτοῦ ἐγένετο οὐδὲ ἕν.
Repérages :
A°- Je lis le texte plusieurs fois de suite et je ferme mon dictionnaire !
B°- Je regarde la structure du texte. Certaines formules reviennent, je repère leur place dans la phrase.
C°- Certains mots se ressemblent morphologiquement, est-ce normal ?
D°- D’autres mots ont des majuscules…. pour quelle raison ?
Questions :
1°- J’identifie les mots que je connais déjà, à quels cas sont-ils ?
2°- Je relève les prépositions. Qu’indiquent précisément les cas qui leur sont associés ?
4°- Combien y-a-t-il de verbes ? A quelles personnes sont-ils ? Est-ce que je peux deviner leur temps, vu le contexte ?
5°- Qu’est-ce que : οὐδέ ?
6°- Est-ce que je peux identifier clairement la structure grammaticale de l’extrait ?
Réponses aux repérages :
C°- ἐν ἕν ἦν se prononcent de façon quasi semblable, mais morphologiquement ἦν comporte un η alors que les deux autres mots ont un ε. Ils ne sont ni de la même famille, ni du même registre grammatical. Le premier ἐν a un esprit doux qui ne se prononce pas. Le deuxième ἕν a un esprit rude qui est une aspirée et il est accentué. Même remarque : ils ne sont ni de la même famille, ni du même registre. Le premier est une préposition, le deuxième un numéral cardinal, le troisième un verbe.
οὗτος αὐτός, malgré une certaine ressemblance, ne se prononcent pas de la même façon, et diffèrent par les esprits : rude (avec une aspiration) pour le démonstratif et doux pour le pronom de la troisième personne. De même, la place des accents et leur nature sont différentes.
D°- les deux mots qui ont des majuscules sont : λόγος et θεὸς. Compte tenu du contexte, on peut penser qu’ ils ont un caractère sacré : Θεὸς = Dieu le Père et Λόγος = la parole de Dieu le Père qu’on traduit souvent par : le Verbe.
Réponses aux questions :
1°- θεός / λόγος nominatif masculin. J’en déduis que οὗτος est au même cas. θεόν accusatif masculin
2°- ἐν est associé au datif qui indique qu’il n’y a pas de déplacement : le lieu/ la personne /le temps dans lequel on est= dans, pendant.
πρός est associé à l’accusatif qui indique un déplacement : le lieu/ la personne/ le temps vers lequel on va= du côté de, vers.
διά et χωρίς sont associés au génitif qui indique, un point de départ. Dans le premier cas un lieu/personne/temps par lequel on passe= par l’intermédiaire de, grâce à
dans le second cas une idée de séparation= sans.
3°- ἦν: verbe être ἐιμί, 1° ou 3° personne du singulier de l’imparfait. Le sujet étant λόγος, il ne peut s’agir ici que d’une 3° personne.
ἐγένετο : 3° personne du singulier de l’imparfait de γίγνομαι =devenir. C’est un verbe qui oscille entre trois formes : -γν -γον (gonade) – γεν (génome).
On aperçoit clairement l’augment (ε initial), signe d’un temps du passé. Par contre celui du verbe être « se cache » dans le η.
la désinence en -ετο signale que nous avons affaire à un verbe moyen, i.e. qui indique que le sujet fait l’action pour lui-même, dans son intérêt, qu’il y est impliqué personnellement ( cf le français populaire : « je me le mange ». )
4°- οὐδέ est la négation après καί = et ne pas, et non.
5° Structure grammaticale :
a- complément circonstanciel de temps + verbe + sujet
b- coordination + sujet + verbe + complément circonstanciel de lieu
c- coordination + attribut + verbe + sujet
d- sujet + verbe + complément circonstanciel de temps + complément circonstanciel de lieu
e- sujet + complément circonstanciel de cause + verbe
f- coordination + complément circonstanciel de manière + verbe + négation + sujet.
J’ouvre mon dictionnaire, je traduis et je constate:
-qu’il y a des aspirées ou pas au début des mots qui commencent par des voyelles.
– qu’il y a un petit iota, au datif sous la voyelle finale. On dit que le iota est souscrit.
– que l’article au nominatif singulier et ἐν n’ont pas d’accent.
– que certains mots ont des accents aigus, d’autres graves et d’autres encore circonflexes.
– que l’attribut du sujet se met au même cas que le sujet (nominatif).
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