Cette coulée verdoyante…

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…est encastrée dans un immense paysage aride.  On la remarque d’autant plus.  C’est comme un large trait de crayon dans tous les tons de vert au beau milieu d’un dessin dominé par le jaune et le marron. Quand on descend le large escalier emprunté par des ânes et des mulets qui serpente entre les petites maisons, on est surpris de voir de beaux noyers, des cerisiers très hauts, des pruniers, des amandiers et des tomates qui poussent partout sur des échalas. La première explication qui vienne à l’esprit est la bonne : il y a de l’eau ! Et l’instant d’après on aperçoit par terre une rigole pas plus large que 2 mains réunies que le relief escarpé transforme en mini cataracte ! Judicieusement maçonnée en zigzag autour des jardinets, elle apporte le peu d’eau qu’il faut pour maintenir les arbres sous perfusion. Une sorte de goutte à goutte naturel… Et pourtant, il y a une vingtaine d’années un incendie majeur a carbonisé toute la vallée et les ravins qui la bordent. On voit bien sur les pentes qu’il s’est passé quelque chose. La végétation n’a pas, si je peux dire, le rabougrissement habituel aux zones sèches. On voit que là, la nature a souffert et qu’elle en porte encore les stigmates… Mais dans la petite faille étroite, tout est vert et magnifique. Il est difficile de croire que les noyers ont moins de 20 ans, puisque eux-aussi ont cramé lors de l’incendie. La responsable de ce miracle végétal, c’est l’eau. Oui, l’eau qui descend de la montagne dans cette rigole aux dimensions ridicules …

Photo: Karpathos, Mertonas. (c) tous droits réservés à GP.

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