Calliclès n’aime pas la façon de faire de Socrate !

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On a beaucoup parlé de la dialectique de Socrate, appelée maïeutique, qui consiste à « accoucher » les esprits ! Cette méthode ne fait pas l’unanimité car bien souvent le disciple de Socrate est réduit à proférer mécaniquement des réponses rendues inévitables par des interrogations fermées.  Dans le dialogue de Platon intitulé le Gorgias (497 a,b,c), alors que Socrate se trouve chez son ami, il rencontre en la personne de Calliclès un récalcitrant. Et ça commence mal !   

Calliclès : «- Je ne comprends rien à tes sophismes, Socrate.

Socrate : -Tu comprends fort bien, Calliclès ; seulement tu fais  l’ignorant »

Un sophiste est un rhéteur qui se pique de philosophie et qui n’hésite pas à développer des arguments faibles voire fallacieux… et cette accusation d’ergoteur ne plait pas du tout à Gorgias qui, pour soutenir son ami, essaie de clouer le bec à Calliclès qui  s’entête !

Calliclès : «-  Où tendent ces sornettes ? »  et plus loin « – Ce Socrate est toujours le même : il vous pose sans cesse un tas de petites questions insignifiantes sur lesquelles il vous chicane.

Gorgias : -Que t’importe ? Tu n’as pas à les apprécier. Laisse Socrate t’interroger comme il lui plaît.

Calliclès : -Eh bien, Socrate, continue tes interrogations mesquines et menues, puisque tel est l’avis de Gorgias. »

D’ordinaire les disciples de Socrate ne bronchent pas, ils se taisent et n’apportent pas vraiment de contradiction. Sont-ils ainsi dans la réalité, ou bien Platon a-t-il voulu en faire des personnages soumis pour mettre en valeur le maître Socrate ?  En tout cas, en voici un qui analyse, conteste la méthodologie de l’enseignant, ironise sur le soutien inconditionnel de Gorgias, qualifie les questions de Socrate de « sornettes »… et surtout qui veut comprendre par lui-même ! 

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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