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Tout helléniste a en tête la façon dont les déclinaisons féminines se partagent entre les désinences en –η et celles en –α, ce qui fait qu’on appelle bien les Electre Ηλέκτρα (Ilectra en grec moderne), mais qu’on appelle d’un autre côté les Pénélope Πηνελόπη (Pinélopi en grec moderne) et non un truc du genre de « Pénélopa ». Quelquefois j’entends des prénoms « à la grecque » qui me hérissent … Je n’ai rien contre les Héléna, mais elles sont Espagnoles et pas Grecques ! Donc, en principe on ne peut pas faire n’importe quoi avec les féminins, mais au moment même où j’énonce ce principe des tas d’exceptions me viennent à l’esprit….Pour les vérifier, je pioche dans le dictionnaire et je trouve tout d’abord des mots venus d’ailleurs. Contre toute attente linguistique, moderne μοντέρνος fait au féminin μοντέρνα … On dit la musique moderne η μοντέρνα μουσική. Je risque une explication, le mot est passé récemment en grec et on l’a intégré au plus près de la prononciation de la langue d’origine. En ce qui concerne la salade η σαλάτα, même combat ! Et puis pourquoi aurait-on fait supporter à un emprunt récent une règle vieille de plusieurs siècles ? Pour le mot suivant ça se complique, car si j’ai souvent entendu la Sorbonne être appelée η Σορβόνα, en regardant le dictionnaire je trouve la forme plus conforme de η Σορβόνη. Y aurait-il une forme familière et une autre académique ?
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