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Je quitte le vide-grenier très satisfaite de moi ! J’y ai acheté un pichet signé Vallauris pour une toute petite somme. Il est magnifique : pas trop grand, pas trop lourd, l’anse bien positionnée et surtout des couleurs légères et fondues dans les bleus, les jaunes et les verts qui contrastent avec les couleurs très vives du style traditionnel de Vallauris … Et ce n’est pas tout, le céramiste a signé son œuvre avec des lettres grecques Ο Μyχ. Ce pichet était fait pour moi ! Je me lance dans une enquête : Qui est ce céramiste ? Un Grec sans doute ? Ou un philhellène ? Mais ce qui m’ennuie c’est que les lettres majuscules O, M, Y et X peuvent aussi bien appartenir à l’alphabet latin qu’au grec… la dernière étant soit un (x) soit un (ch) suivant la langue. Donc ai-je affaire à un « vrai » Grec ou bien à un fantaisiste qui signe avec des lettres pseudo-grecques ? Finalement j’adopte l’idée du « vrai » Grec et ceci pour une bonne raison ! C’est le O. (le = article masculin) qui n’a rien à faire dans la signature d’un fantaisiste et qui atteste qu’on a affaire à un Grec qui met un article devant son nom. Je consulte donc des listes de céramistes professionnels sur internet à la recherche de mon Grec de Vallauris. Et j’en trouve un… Ah zut ! C’est une femme qui s’appelle Κυριακή. Pas de Michel, Michalis, Mickaël … Rien ! Je feuillette des ouvrages spécialisés… Rien ! Il faut bien se rendre à l’évidence… J’ai bien un Vallauris, exécuté par un céramiste qui n’est pas répertorié, sans doute un Grec … En tout cas un inconnu épatant qui a décliné le style Vallauris tout en douceur et en beauté et quand je regarde mon pichet rempli d’eau sur la table, je me dis : « Ce gars-là c’est vraiment quelqu’un ! »
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