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…qui ne vous a rien fait et où, pourtant, vous allez en vacances très volontiers est absolument insupportable ! Quand quelque chose ne va pas en France ou ailleurs en Europe, il y a toujours un commentateur politique pour vous mettre en garde : « Attention, on va faire comme la Grèce, on va être la Grèce … » L’autre jour, j’ai enfin entendu à la télévision une experte s’élever contre ce procédé… il est vrai qu’elle était grecque. Tout est bon pour taper sur la Grèce : les incendies à répétition, les prévarications en tout genre, les migrants et ça ne date pas d’hier ni même d’avant-hier… Tout ceci me ramène à mon tee-shirt crétois sur lequel était inscrite la célèbre phrase de Nikos Kazantzakis : « Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβάμαι τίποτα, είμαι ελεύθερος ! Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis LIBRE ! » Un coup de téléphone m’informe que ma fille s’est blessée au collège en cours d’EPS. Je fonce à l’hôpital, je harponne le chirurgien avant qu’il n’entre en salle d’opération et je lui pose les questions d’usage à propos de l’opération. Il se tourne à demi vers moi, le regard condescendant et réprobateur, et me lance avec mépris : « Dans vot’pays, ya même pas la sécurité sociale ! » Mon tee-shirt crétois étant censé faire de moi une supposée ressortissante d’un pays supposé être très inférieur socialement, je n’ai pas de question à poser, il faut que je la boucle ! D’ailleurs, est-ce que je sais seulement lire et écrire ? Et de fait je la boucle car le sort du doigt de ma fille est entre les mains de ce bel abruti qui, à mon avis, a déjà passé de superbes vacances en mer Egée. Vous voulez peut-être savoir quelle réplique cinglante il a failli se prendre dans la tronche ? « Pauvre cloche ! Tu es prisonnier de tes préjugés débiles et moi, je suis LIBRE ! »
Photo: Plage d’Amoopi, Karpathos. (c) tous droits réservés à GP.