les esclaves à Constantinople

Temps de lecture: 2 minutes

Des cohortes d’esclaves habitent dans ou près du  palais du sultan et forment une masse de serviteurs, de soldats et d’artisans qui œuvrent gratuitement pour le bien-être du sérail et l’enrichissement des classes dirigeantes. D’où viennent-ils ? Ce sont essentiellement des soldats ennemis conquis à la guerre, des razzias d’habitants des provinces annexées par la force, des enlèvements d’enfants en Grèce et dans les autres provinces soumises. Lorsque le grand vizir meurt en 1561 – et ce n’est que le grand vizir – il a 1700 esclaves ! A tel point que les observateurs étrangers sont ébahis de cette classe de parias, qui n’ont aucun pouvoirs civiques ou légaux, mais qui font tourner l’administration turque et finalement dont tout le monde a besoin. Le hollandais Rycaut écrit au XVII° siècle : «  Si l’on étudie de très près la composition d’ensemble de la cour turque, on s’aperçoit qu’elle est une prison, remplie d’esclaves, ne différant de celle où les galériens sont détenus que par les ornements et l’apparence brillante. » Et un siècle plus tard, l’anglais Edward Gibbon: «  Les Turcs eux-mêmes étaient exclus de tous les honneurs civils et militaires ; et une classe servile, monde artificiel, fut élevée par la discipline de l’éducation, à obéir, conquérir et commander. » Je me demande si Hollandais, Anglais et Turcs avaient lu La Boétie !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

Laisser un commentaire