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est une petite plaque de céramique rugueuse qui peut s’inscrire dans un carré de moins de 30 cms de côté. Un relief important et inhabituel dans les représentations mythologiques crépit la chevelure, le cou et le visage du personnage féminin. Ils sont en quelque sorte « avalés » et dissimulés par une gangue granuleuse impersonnelle qui déshumanise le personnage. Cette rugosité évoque davantage la truelle du maçon que le pinceau du peintre ou la main du céramiste. Seuls dans cette croûte de terre cuite, des petits bourrelets en vermicelle tournant autour de l’œil sont là pour nous rappeler qu’on a affaire à un être humain. . . Un personnage féminin ? Tout en elle s’apparente à l’oiseau : le mouvement du cou tendu dans une migration lointaine, une coiffure suggérée plutôt que décrite au chignon instable figurant des plumes. La petite houppe de cheveux relevés sur le front, le nez en achevant la courbe et jusqu’à la bouche bizarrement coupée en trois lèvres au dessus du menton évoquent chacun un bec d’oiseau. Mais si je considère ces éléments dans leur ensemble, je vois encore un profil d’oiseau… Et si je regarde en même temps l’œil rond en relief, cette fois-ci je vois un oiseau de proie ! Cette Circé dont la réalisation a l’air bâclée, qui paraît négligée dans sa carapace, me paraît tout à coup très inquiétante …
Collection: Armand Israël.