About me fait rire… (4)

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« Le roi des montagnes » d’Edmond About

…car en lui tout est excessif et ses jugements à l’emporte-pièce ont quelque chose de comique. Tout l’énerve et le contrarie et on pourrait faire de lui un portrait en creux à partir de sa mauvaise humeur. Il est vrai qu’il est impliqué dans le récit puisqu’il raconte l’histoire d’un ami prisonnier d’Hadji Stavros… sans doute son propre double (le prisonnier pas le bandit). Ce roman s’apparente aux romans picaresques avec aventures lointaines en pays inconnu et sauvage, nature hostile et superbe entre piquants et cascades romantiques, batailles de hors-la-loi sanglantes, prisons troglodytes et coups d’épée en tous sens, revirements de situations et reconnaissance d’une jeune-fille dont on ignorait la naissance, bons et méchants mêlés, tortures horribles et scènes attendrissantes… Jusqu’au chef de tout ce drame : un brigand dont on ne sait que faire ni dans quelle case le mettre, type Mandrin ou tontons flingueurs ? Commerçant bon père de famille ou tortionnaire de la pire espèce? Anarchiste ou administrateur épris d’ordre public ? Poète campagnard ou politicien magouilleur ? Il n’y a pas qu’Hadji Stavros pour mélanger les registres, le botaniste allemand copain d’About ne sait pas non plus s’il est en train de mourir ou de vivre de sublimes vacances :

« Ce miel à demi sauvage ressemblait à celui que vous mangez en France comme la chair d’un chevreuil à celle d’un agneau. On eût dit que les abeilles avaient distillé dans un alambic invisible tous les parfums de la montagne. J’oubliai, en mangeant ma tartine, que je n’avais qu’un mois pour trouver quinze mille francs ou mourir. » 

Photo: Karpathos, grottes de l’Ancienne Arkassa. (c) tous droits réservés à GP.

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