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« Le roi des montagnes » d’Edmond About
Hadji Stavros, tel un nouvel Alexandre, est très mal secondé mais il a de grandes idées. Il envisage de passer du brigandage campagnard d’opportunité au prélèvement criminel « sans désordre, sans turbulence et sans bruit. » Il évoque un système un tiers mafieux, un tiers fiscal, un tiers Big Brother avec recensement des individus, déclaration de revenus et de biens, surveillance des étrangers, de leur fortune et de leurs déplacements qui lui permettrait d’imposer à chacun un tribut juste et quasi légal. …. Et ce n’est pas fini… Le délire d’Hadji Stavros – devrais-je plutôt dire le délire d’Edmond About ? – le conduit à imaginer, pour soutirer de l’argent à qui de droit, une armada d’employés bien élevés, presque une administration, jouissant de maisons confortables dans des cités entourées de jardins soignés…. Après le brigand sanguinaire, puis philosophe, puis businessman, maintenant nous avons en magasin le brigand utopiste rêvant d’une société patriarcale et hygiéniste! On a peine à croire que l’impôt sur la circulation, les abonnements de passage à l’année, l’organisation des douanes, l’entretien des routes, les visas et les passeports, bref ! « un ministère des grands chemins » soit l’invention d’Hadji Stavros ! Mais le problème est toujours le même : Pourquoi les Grecs et les autres se laisseraient-ils embrigader de la sorte ? Hadji Stavros « ce coquin majestueux » a la réponse : Parce que les populations sont habituées à payer, pour elles c’est normal !
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