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Rien ne prédestinait Charles Fabvier, polytechnicien lorrain, colonel de l’armée de Napoléon I° à devenir une figure du philhellénisme … Son portrait au musée de la guerre, situé près du musée byzantin à Athènes le montre moustachu, vêtu d’une houppelande en peau de mouton, turban à la turque sur la tête et gland à pompon, longue épée à la ceinture…Affecté à des opérations extérieures en Allemagne puis au Moyen Orient dans l’empire ottoman, il aide le sultan à combattre les Anglais puis se rend en Perse toujours dans la même optique et il alterne missions armées et/ou diplomatiques en Pologne, Autriche et Russie. Partout il fait preuve d’organisation, d’abnégation et de courage. L’empereur le récompense et le fait baron. Mais le problème de Fabvier est qu’il a tendance à se mêler un peu trop de tout… Dès la chute de Napoléon, la tendance s’inverse et on l’accuse de diffamation, contestation, conspiration, évasion… condamnation et prison ! A sa libération il prend le large, mais avait-il besoin de passer à l’ennemi en aidant les Espagnols à lutter contre les troupes françaises ? En 1823 il débarque en Grèce en pleine révolution et se met à disposition des troupes luttant pour l’indépendance. Il a trouvé un autre idéal à la mesure de ses capacités et de son enthousiasme ! Il organise, répare, voyage, se renseigne, soutient, recrute des soldats et des philhellènes en France et en Angleterre, prend les rênes d’une offensive au plus mauvais moment quand les forces grecques s’épuisent. En Grèce comme partout son entregent et ses capacités font des jaloux car Fabvier ne s’arrête jamais. Il court défendre les insurgés repliés sur l’Acropole et va finalement y rester bloqué pendant six mois. Il voulait être le catalyseur de la guerre d’Indépendance grecque, il en devient indésirable. Arrêté à Poros il court libérer Chios, évacué vers la France on l’arrête à Syros ! Il se met à dos Karaïskakis, Kapodistria, l’armée française, les patriotes grecs, les Ottomans, les Eginètes. Mais Fabvier ne s’arrête jamais. Après avoir été adoré, respecté, honni, fait prisonnier, expulsé, encensé, récompensé, détesté, il devient en 1848 ambassadeur à Constantinople puis à Copenhague, membre de l’Assemblée Constituante et député ! Du jamais vu !
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