Les graffiti grecs ne sont plus ce qu’ils étaient !

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J’aimais beaucoup les graffiti  grecs! Vous me direz : « Quelle idée ? »…dans un pays où on peut trouver presque à chaque coin de rues des dalles de marbre magnifiques, gravées de textes anciens et de lettres droites et bien alignées… J’ai une excuse, je ne suis pas épigraphiste ! Il est extrêmement difficile, même pour un helléniste confirmé, de déchiffrer les inscriptions anciennes. Je ne vous parle pas d’un mot par-ci par-là, mais du sens d’un texte dans son ensemble : trop d’abréviations, de lettres presque effacées, de mots tronqués, pas de ponctuation, pas d’espace entre les mots…etc. Laissons donc faire les épigraphistes…Par contre, il est toujours intéressant de déchiffrer sur les supports les plus improbables les inscriptions de gens qui réagissent à vif et sous couvert d’anonymat. Bien que souvent incultes, se trompant de mots et faisant des fautes d’orthographes, ils disent quelquefois des bêtises et souvent la vérité… Echappant à toute censure sociale, dans la précipitation voulue par la clandestinité et dans l’urgence de la colère, les graffiti parlent d’amour, de mort, de révolution, de conflits sociaux et de la femme du voisin ! Pour les linguistes, les graffiti sont une source inépuisable : témoignages de prononciation, de changements sémantiques, d’idiotismes…Par contre, depuis quelques années je reste sur ma faim. Les nouveaux graffiti ne sont pas écrits en grec, mais en anglais voire dans cette langue graphique indéchiffrable qui inonde nos périphériques et à laquelle je décerne le grand prix de la laideur et de la bêtise ! Car, à quoi sert d’écrire en gros sur les murs un « truc » que personne ne comprend ? Va-t-il naître une nouvelle génération d’épigraphistes spécialisés dans le déchiffrage des tags ?

Photo: Athènes (c) tous droits réservés à GP.

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