Temps de lecture: 1 minute
Aéroport d’Athènes, Katina et sa petite-fille Apollonia nous attendent et nous souhaitent la bienvenue pour notre petite semaine de vacances avec une énorme spanakopita faite du jour même. Elle sent bon, elle est bien épaisse, semble onctueuse, mais le paquet est mal ficelé dans du papier déjà huilé par le contact de la tarte aux épinards. Un de mes fils s’en empare et la porte comme une relique jusqu’à … la voiture de location où il la cale dans le coffre pour ne pas qu’elle vienne se fracasser contre les valises. Et de ville en village, de temple en placette, de café grec en pique-nique, nous dégustons la spanakopita ! Sans jamais en voir le bout … Elle est plus grande et plus coufflebougre (comme on dit chez moi) qu’il n’y paraît de prime abord. Nous commençons à nous fatiguer de manger des épinards et surtout de la croûte épaisse devenue de jour en jour indigeste. Et je ne vous parle même pas du paquet, qui ayant bientôt rendu l’âme, nous contraint à acheter en catastrophe dans une petite épicerie de village une boîte en plastique… Et je ne vous parle même pas de la contrainte de placer chaque soir la spanakopita dans un hypothétique réfrigérateur et de la replacer dès le lendemain dans une glacière portative …Nous délaissons bientôt la spanakopita, seul notre fils s’y attelle chaque jour… Il a une véritable passion pour la tarte aux épinards, qui se confirme quelques 20 ans plus tard puisque maintenant c’est lui qui s’y colle et nous en concocte désormais de magnifiques…. Arrive le dernier jour de la semaine de vacances, tout le monde a fini par déclarer forfait, la tarte aux épinards va finir dans une poubelle de l’aéroport, là où elle avait commencé sa vie…
Photo: (c) tous droits réservés à GP.