Pourquoi tous ces gens dévêtus ?

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On a tellement l’habitude de voir des nus dans la statuaire et la céramique grecques qu’on n’y fait plus attention… Un jour que je voulais envoyer à ma fille un document iconographique pour montrer à ses petits élèves d’école élémentaire, j’ai feuilleté en vain mes gros volumes d’art, mes cartes-postales et photographies de musées … en vain. Que des nus, des nus, des nus ! Bon ! A 9 ans, on peut regarder un nu… on peut aussi ricaner et perturber la classe… les parents d’élèves peuvent aussi s’émouvoir et rouspéter… donc pas de nus ! C’est avec l’art grec que le nu prend son essor. Le goût des formes, le rendu des muscles et de la gestuelle, l’avènement du sport lors des manifestations religieuses et le culte des champions l’ont porté à son apogée. Mais, me direz-vous, dans les représentations iconographiques on ne voit jamais de gens mal foutus comme dans la vraie vie… Oui, c’est vrai car personne n’a songé à représenter le commun des mortels. On réserve les représentations aux êtres d’exceptions: dieux, héros, champions. Or les sportifs sont rarement mal foutus, les dieux et les déesses sont « ontologiquement » beaux, et les quelques personnages qui seraient vieux, laids ou contrefaits, comme Héphaïstos ou Socrate, sont priés d’aller se rhabiller. On trouve des statues de nus grotesques, mais elles sont souvent postérieures à l’époque classique. C’est comme ça que naît un idéalisme tenace et, il faut bien le dire, désincarné. Et mon document iconographique pour les CM1? Ma fille a trouvé la solution, elle a habillé Triptolème, encadré de Déméter et Perséphone qui n’y ont rien trouvé à redire, d’un short de surfeur …  et ses petits élèves l’ont trouvé très beau ! 

Photo: (c) tous droits réservés à GP.  

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