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Quand on parle de la couleur rouge dans l’Antiquité, plusieurs mots me viennent à l’esprit :
Cinabre : broyat de sulfure de mercure présent dans certaines roches. Le grec ancien sans doute d’origine orientale (le mot n’existe pas en grec moderne usuel) κιννάβαρι désigne la peinture de couleur vermillon utilisée dans la coloration des fresques, l’authentification des signatures des bulles impériales byzantines et diverses cérémonies religieuses. A noter que cette couleur est également désignée par le mot μίνιον, surtout connu sous sa forme latine: « minium » par les peintres du dimanche qui décapent et repeignent le salon de jardin…. Ce mot sert également à désigner une pommade rouge pour les yeux et le terme suivant …
…Garance : trituration des racines d’une plante qui fournit un beau rouge franc et qui, pourtant, possède bien en propre un mot de grec ancien ἐρυθρόδανον pour la désigner, qu’on retrouve en grec moderne sous la forme ερυθρώ je teins en rouge.
Pourpre : broyat d’un coquillage qu’on retrouve un peu partout en Méditerranée… et quelquefois sous vos propres pieds … Attention, ça fait mal ! Une queue, longue, dure et pointue et une multitude d’épines coriaces se chargent de vous démolir les orteils ! Est-ce que connaître son nom grec πορφύρα va vous soulager ? J’en doute …
Porphyre : πορφυρίτης (λίθος) basalte employé dans la décoration des palais impériaux et plus particulièrement de la chambre où les impératrices donnaient naissance aux futurs empereurs dits porphytogénètes nés dans la pourpre au palais même.
Ce qu’on peut retirer de cette liste, c’est la porosité des termes grecs qui arrivent à confondre des rouges de diverses origines: minérale, végétale et animale.
Photo: Santorin, les falaises rouges de Βλιχάδα. (c) tous droits réservés à GP.