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Le kouréli, c’est ce petit tapis de couleurs vives qui sert à tout dans les maisons grecques. On s’y assied dessus si le banc est trop dur, il décore le dessous des fenêtres et égaye un coin obscur, on s’en sert de tapis « anti-projection d’eau » devant la douche ou le lavabo et devant la cuisinière comme « anti-projection d’huile », on essaie d’en chasser le chat qui le squatte abusivement. Moi aussi je suis fan des κουρέλια, j’en achète dans les villages à chacun de mes séjours en Grèce. Dans ma maison, il y en a qui font office de descentes de lit dans les chambres de mes petits-enfants, de chauffe-pieds sous mon bureau et de rembourrage sur le dossier de ma chaise … et un peu partout en fait ! Que ferait-on sans ce petit chef d’œuvre de récupération, qui prouve qu’on n’a pas attendu le XXI° siècle pour réutiliser une vieille robe ou un chandail en lambeaux ? On en trouve maintenant dans les commerces -et quelquefois de provenance inconnue- mais pendant des siècles il a été fabriqué à la maison avec des lanières de laines ou de tissus entrelacées dans une trame de coton. On se demande en voyant ces tissages rustiques tous différents, qui mélangent des couleurs chamarrées qui se heurtent ou se fondent entre elles, comment avec de méchants bouts de rien du tout – d’un mot qui signifie haillon, guenille et gueille comme on dit chez moi – on a pu faire de si beaux petits tapis. Certains les qualifieront de réalisations modestes et populaires, mais pour moi ça s’appelle de l’art !
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