Alexis III Ange Comnène n’a rien d’un saint !

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Si l’on croit le chroniqueur Villehardouin, la première prise de Constantinople par les Croisés en 1203 est un miracle de dieu ! C’est vrai que dieu n’est manifestement pas du côté de l’empereur byzantin Ange Comnène…  Dès sa jeunesse il s’allie à l’ennemi Saladin, complote et conspire contre son frère l’empereur Isaac. Une fois au pouvoir, menacé par les royaumes orientaux et surtout les Croisés qui préparent leur grande offensive de 1204, il cherche des alliances avec le pape, l’aristocratie et même l’armée. Or, tout ce beau monde finit par se détourner de lui. Qu’est-ce qu’on lui reproche ? Peut-être d’avoir fait enfermer son frère Isaac comme il enfermera plus tard sa femme Euphrosyne dans un couvent… ! Peut-être de l’avoir fait aveugler ainsi que son fils, perpétuant ainsi  la « tradition familiale » qui consiste à aveugler ses proches, frères, cousins et même enfants…!  Car, si comme les autres empereurs byzantins ce n’est pas un tendre, c’est également un séditieux désordonné et incompétent. Mais ce qu’on lui reproche surtout,  c’est d’avoir échoué lamentablement devant les Occidentaux, malgré une armée deux fois supérieure en nombre. En effet, ses soldats refusent de combattre et se replient, certains passent même à l’ennemi. Et pour comble de malchance, un énorme incendie se déclare dans Constantinople, laissant des milliers de gens ruinés et sans abri ! Il ne reste plus à Alexis III Ange qu’à s’enfuir en emportant toutes ses richesses. Si l’on croit ce que nous raconte le chroniqueur Villehardouin, la première prise de Constantinople par les Croisés en 1203 est un miracle de dieu : « Or écoutez les miracles de Notre-seigneur, comme ils sont beaux partout où il lui plaît ! Cette nuit-même, l’empereur Alexis de Constantinople prit de son trésor ce qu’il put emporter et emmena avec lui ceux de ses gens qui s’en voulurent aller ; il s’enfuit ainsi et abandonna la cité. (…) et quand ils l’ouïrent, la joie qu’ils eurent on ne saurait la dire, car jamais au monde n’éclata plus grande joie. Et Notre-Seigneur fut loué très pieusement par eux tous, de ce qu’en si peu de temps il les avait secourus, et de si bas qu’ils étaient les avait élevés si haut. Aussi peut-on bien dire : « Celui que Dieu veut aider, nul homme ne peut lui nuire. » »

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