Mon φλοκάτι à moi !

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Tout le monde se rappelle ces épais tapis de laine mèche écrue qui ont envahi le marché dans les années 80/90 et pour la plupart de provenance inconnue… peu se souviennent qu’ils servaient jadis de houppelande aux bergers. Moi, je me rappelle la première fois où j’ai vu une villageoise laver son flokati dans l’eau de mer et l’étendre sur de gros rochers dans les environs de Parga. Je me rappelle mon premier achat vers Kalambaka de ce magnifique tapis en belle laine de mouton que j’ai lavé depuis des dizaines de fois et qui  embellit à chaque lavage. Il a une double épaisseur, ce qui lui donne un poids considérable et plus sûrement encore une allure de tapis, contrairement à mes allégations quand il a fallu convaincre un douanier français dubitatif que : « Non, non ! Ce n’est pas un tapis… c’est une couverture ! »  Je me rappelle mon premier achat de ce que j’appelle désormais une flokette, oui ! mais une flokette couleur châtaigne. Nous sommes à Athènes pas loin de la place Omonia et je rentre dans un entrepôt qui ne paye pas de mine, sur les conseils de Dionysi le beau-frère de mon amie Chara, qui est « dans les affaires » et qui s’y connaît ! La flokette est très grande et tout de suite je la repère parmi d’autres coloris : rouge, noir et même jaune citron. C’est celle-là qu’il me faut. Quand je la ramène à grand peine -je dois le dire- dans le bus de Sépolia, je suis un peu inquiète du verdict de Dionysi… Il coupe les ficelles de mon gros ballot, déchire le papier marron qui l’enveloppe, l’étale par terre dans le salon, soupèse un coin du tapis, le retourne, hoche la tête et dit calmement : « Ωραίο πράμμα ! » * Ouf !

* »C’est une belle chose ! »

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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