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On est toujours sidérés en arrivant aux couvents des Météores, on regarde les couvents vissés sur les à pics et on trouve le chemin étroit… Ne nous plaignons pas ! A côté de l’accès des siècles précédents, aujourd’hui c’est le confort le plus complet ! Voici ce que raconte le Normalien Léon Heuzey dans son livre intitulé Excursion dans la Thessalie turque en 1858 : « L’énorme câble commence à descendre avec son crochet de fer et le filet que l’on y a suspendu. Le moinillon me fait asseoir à la turque au milieu du filet à larges mailles, qu’il a étalé sur le sol, et m’y installe avec mon sac et ma couverture de voyage. Les mailles qui forment le bord circulaire sont ensuite relevées autour de moi et passées toutes ensemble dans le crochet. (…) Mon ascension commence. J’aime fort cette façon d’aller ; elle est douce et sans heurts. On voit au-dessous de soi, entre les jambes croisées, l’abîme sur lequel on pèse et dont rien ne vous sépare qu’un mince mais solide réseau de cordes. Il faut seulement parfois fermer les yeux ; car le filet se prend à tournoyer sur lui-même, et il n’y a pas d’autre moyen pour éviter l’étourdissement. Il arrive aussi que l’on frôle presque la paroi du rocher. (…) Enfin je suis au niveau de la barbe des pères, qui me regardent à travers les mailles, curieux à bon droit de connaître la figure du visiteur qu’ils viennent de hisser. Deux bras vigoureux saisissent l’inconnu dans son enveloppe et le tirent à l’intérieur du balcon. On me dégage, et me voici sur mon séant, au milieu des moines étonnés, près du gros cabestan qui a servi à l’ascension ». Nous ne pouvons qu’admirer le sang-froid de Léon Heuzey. Pas sûr qu’à cette époque-là, nous aurions eu envie de visiter le couvent …
Photo: filet. (c) tous droits réservés à GP.