Les Croisés devant Constantinople.

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Nous savons par le chroniqueur Villehardouin dans quel état d’esprit étaient les Croisés de la IV° croisade, quand ils aperçurent Constantinople le 23 juin 1203 : ébahis par l’immensité de la ville, stupéfaits par la hauteur des tours et des églises, surpris par la dimension des remparts, tout ce qui,  pour eux, était synonyme de richesses. Les Croisés sont au bout du rouleau, pas d’argent, pas de nourriture et surtout pas de connaissance véritable de ce nouveau pays.  N’oublions pas qu’ils sont pratiquement prisonniers du Doge de Venise qui leur a vendu hors de prix le passage vers l’Orient et qui compte bien se rembourser par le sac de Constantinople. Les Croisés voient dans la ville et les campagnes environnantes l’occasion de satisfaire leur indiscipline et leur curiosité, de se libérer de la présence pesante des Vénitiens, de « prendre du bon temps »- c’est-à-dire de se livrer à toutes sortes d’exactions- et de s’enrichir. Pour le doge Dandolo, pas question que les Latins attaquent dans l’état où ils sont, pas question non plus qu’ils s’éparpillent dans la campagne pour razzier nourriture et biens, sans savoir si on les reverra un jour.  Il va jouer finement en se présentant comme un expert du Levant qui, lui, sait ce qu’il faut faire et comment se comporter en pays inconnu. « Je connais mieux que vous ne faites les conditions de ce pays, car j’y ai déjà été. Vous avez entrepris la plus grande et la plus périlleuse affaire qui jamais fut entreprise ; aussi conviendrait-il que l’on procédât sagement. »  Il persuade les Croisés du danger d’une entreprise précipitée et d’une exploration incertaine, et il les cantonne dans les îles proches où ils vont amasser des vivres sans risquer de s’égailler dans la nature. Il a besoin de toutes les troupes en état de marche et en bonne condition. Car le but est bien d’assiéger Constantinople et de s’emparer de ses richesses !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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