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C’est l’histoire de la pauvre Philomèle qui est partie rejoindre sa sœur en Thrace, accompagnée de son beau-frère Térée, le fils du dieu de la guerre Arès. Celui-ci lui fait croire que sa sœur Procné est morte et qu’elle est obligée de l’épouser, selon la tradition … le GHB de l’époque…. Et Philomèle cède à contre-cœur ne sachant que faire loin de son pays et de tout soutien, empêtrée dans les mailles d’une histoire bien ficelée à laquelle elle croit. La suite, pour la jeune-fille dont le nom évoque le rossignol, est l’histoire d’une capture au filet : quand elle apprend le mensonge de Térée et menace de dénoncer son violeur, il lui coupe la langue, l’enferme et dit à Procné que sa sœur est morte en chemin. Philomène ne peut plus parler, elle ne peut s’enfuir, elle ne sait pas écrire. Térée aurait pu s’en tirer, mais la jeune-fille a l’idée de tisser une grande tapisserie dans laquelle elle raconte son histoire et qu’elle fait parvenir à la reine, sa sœur. C’est ce que rapporte Aristote dans La Poétique à propos du Térée de Sophocle et qu’il appelle de façon sibylline : la reconnaissance par « la voix de la navette » Ἡ τῆς κερκίδος φωνή.
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