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Elle est morte ? Non, ses genoux sont très légèrement fléchis… Ces bras croisés, « à la bon élève » se repentant de quelque bêtise, suggèrent qu’elle n’en mène pas large et qu’elle cherche du réconfort en serrant ses bras… Finalement, elle a plutôt l’air frigorifiée. J’ai bien conscience que je suis peut-être la seule personne au monde à me poser ces questions devant la statue en marbre rose de ce qu’on appelle habituellement : une idole cycladique. Pourquoi idole ? Aucune idée ! C’est une supposition…Ce qui est sûr c’est qu’elle date de la fin du III° millénaire avant notre ère et que son origine est une des îles de la mer Egée. Et pourtant, je lui trouve un air étrangement moderne : un cou et une tête à la Modigliani, des seins à la plastique irréaliste à la Jean-Paul Gaultier, un nez en nervure et des pieds en éventail à la Picasso, et des incisions inguinales évoquant un bikini. Mes pensées blasphématoires la rapprochent d’une œuvre d’art, mais l’éloignent inexorablement du statut d’objet votif qui suggère une religion, des pratiques magiques ou du moins une spiritualité. Parmi les étrangetés de cette statue : position fantaisiste de la poitrine, face en lentille et absence de bouche, d’oreilles et pour ainsi dire d’yeux, quelque chose me déroute. Ce qui ne colle pas, ce sont ces bras à la maigreur squelettique et au dessin anguleux, dans une position incommode et contrainte, qui semblent plaqués un peu parce qu’il le fallait bien… Le sculpteur semble s’être soudain rendu compte qu’il avait oublié les bras !
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