Les chemins du pays de Ritsos.

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Comme dans d’autres villages l’endroit incontournable est la place ou le bord de mer, à Monemvassia où il est né l’endroit  vital c’est la citadelle, masse énorme et presque effrayante. On y croise les gens qui se promènent, on y observe les relations entre les uns et les autres, les enfants y font des bêtises tandis que les mères  leur crient :

«  Vauriens, qu’avez-vous à traîner des heures au crépuscule sur l’antique muraille ? »

Car si les murailles participent à la mémoire du village, la moindre pierre, le pavement des rues, la pierraille des chemins et pour finir la pierre sculptée et le vestige ancien jouent également le rôle de passeur de temps:  

«  Nous avons franchi

Les portiques profonds – la pierre glissait

Polie par le passage

De tant de guerriers. »

Chez Ritsos non seulement les pierres mais aussi les arbres et la nature en général font le lien entre les générations, voire les siècles et participent à la relation que le poète entretient avec ses ancêtres :    

« Oliviers très antiques, troncs vieux et tordus ;

On dit aussi qu’ils ont vu le Christ ».

Toute la différence est là, en France aussi l’ancienneté est vénérable. On parle de chêne de Sully, de forêt plantée par Colbert… ça ne va jamais au-delà. Qui oserait dire : «  Mon chêne a vu le Christ ! » ?

Photo: (c) tous droits réservés à GP. 

2 réflexions sur “Les chemins du pays de Ritsos.

  1. Bonjour et merci pour votre post !
    Pourrions nous avoir les citations en grec moderne s’il vous plaît ? celles de Ritsos et la phrase prononcée par les mères à leurs enfants ?
    Encore merci !
    Catherine

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