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Car on a beau chercher, on ne trouve aucun droit au raya mais uniquement des devoirs ! Tout d’abord, le sujet non musulman du sultan ottoman paye la dîme + les métayages + les taxes indirectes + la capitation (impôt très impopulaire sur la tête). Le raya est rançonné jusque dans sa personne, on comprend pourquoi il délaisse l’extérieur de sa maison et fait semblant d’être pauvre…Les impôts sont moins importants que sous l’empire byzantin, mais s’y ajoutent des mesures discriminatoires et vexatoires : défense de monter à cheval, le raya n’a droit qu’à un âne ou un mulet qui le restreint dans ses déplacements. Défense de porter des armes, le raya ne peut se défendre malgré l’insécurité permanente. Défense de construire des églises et de faire sonner les cloches, la religion du raya doit se faire oublier. Obligation d’entretenir les forêts et les routes, le raya est assujetti à la corvée. Son témoignage n’est pas valable en justice, car le raya n’est pas fiable. Réquisition des habitants des îles comme matelots, le raya sert au plus bas niveau dans la flotte turque. Certaines de ces obligations ont encore une résonnance sinistre : Obligation de porter un costume spécial qui signale le raya dont on doit se méfier… Mais le plus dur à supporter, ce sont les enlèvements d’enfants qui se retrouvent très jeunes sans famille dans un pays lointain, endoctrinés dans la foi et les traditions musulmanes, oubliant même qui ils sont et d’où ils viennent. Embrigadé dans les troupes de Janissaires, les troupes d’élite de l’empire ottoman, l’enfant du raya n’a aucune valeur, il peut bien devenir de « la chair à canon » …
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