Temps de lecture: 2 minutes
Le voyage de Ritsos commence à Monemvassia en Laconie dans le Péloponnèse, où il est né. Dans l’Antiquité, la ville s’appelait Akra Minoa et pour le poète peut importe qu’elle ait été fondée « en – 903 ou en +903 », car en Grèce plus que partout ailleurs on est confronté au télescopage des époques. Chez Ritsos, pas besoin de réminiscence littéraire ou de découverte d’un vestige historique pour une rencontre brutale ou même une superposition entre la modernité et l’ancien monde. Et comme pour les Grecs tout ce qui est ancien est forcément antique, il peut s’agir aussi bien d’une réalité macédonienne ou byzantine :
« Tes années d’enfances t’attendaient dans des recoins oubliés,
dans des bâtisses démantelées, sous des arcades byzantines-
ici se trouvait le coiffeur ; là le cordonnier ».
Il ya l’idée que les événements et les habitudes quotidiennes se perpétuent de siècle en siècle sans discontinuité, que plus personne ne sait exactement où se situer dans la chronologie et que de toute façon on ne peut pas amputer un Grec de son histoire :
« Dans les caves profondes où nous avons vécu il ya 1000 ou 2000 ans… les femmes encensaient les antiques voûtes »
Photo: (c) tous droits réservés à GP.