Ρωμιοσύνη.

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Ritsos a rendu célèbre ce terme de « Grécité » qui a été forgé sur le mot ρώμιος romain qu’on retrouve un peu partout en méditerranée sous plusieurs formes évoquant des réalités très différentes. En effet, qu’est-ce qu’il y a de commun entre le ρώμιος/romain, le roumain et à plus forte raison… le grec ? Ne parlons pas du Rom ni de sa langue le romani qui semblent venir du sanskrit, parlons plutôt du roumi, venu du persan et qui désigne tout d’abord les Turcs, pour finir par désigner son contraire, i.e. le non musulman, l’occidental ! Cette dérive sémantique est intéressante car le mot ρώμιος a subi la même transformation… Il faut se replonger dans le Βυζάντιο, l’empire Byzantin. Le rayonnement de l’hellénisme médiéval, sa prétendue supériorité sur ses voisins occidentaux et l’orgueil d’appartenir à une supra-civilisation qui déborde sur les autres peuples, conduit les chrétiens grecs à abandonner une dénomination nationale et forcément plus réductrice pour se qualifier eux-mêmes de Ρωμαιοί, i.e. sujets du grand et ancien Empire Romain. Les Hellènes existent toujours mais se voient refoulés à la marge de la civilisation grecque, car ce terme s’emploie désormais pour ceux qui refusent le Christianisme et conservent les croyances anciennes, i.e. les primitifs, les ringards, les idolâtres… Les Turcs en sont également exclus pour des raisons historico-géo-politiques, car pas question pour eux d’être des «  Romains », i.e. des Occidentaux ! C’est du moins ce que pensent les Grecs… La question turque nous fait toucher du doigt la bizarrerie de cette appellation grecque car les Byzantins, tout en se réclamant de l’Empire Romain d’Orient, finissent par se réclamer de l’Empire Romain tout court…Voilà donc les chrétiens grecs progressistes qualifiés de Romains et voilà comment Ρωμιοσύνη, terme qui devrait signifier en toute logique « Romanité », signifie en fait « Grécité » …

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