Emotion autour d’un plat de chèvre…, 6

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Pour ce repas de la Pâque qui est quand même très particulier en Grèce, nous nous rendons à Spoa, village sur la route d’Olymbos au nord de l’île de Karpathos. La restauratrice de la taverne η φωλιά « le nid » était réticente, elle n’avait pas envie de faire à manger ce jour-là, mais nous sommes 8 et le gain n’est pas négligeable… et puis ce n’est pas la première fois que nous mangeons dans sa taverne, loin s’en faut… et puis je lui dis que nous mangerons ce qu’elle a préparé pour sa famille, rien de plus rien de moins … et puis je parle grec ! Elle me demande de venir à 13h et à 13h tapantes nous sommes là, mais le repas familial n’est pas encore fini et rendez-vous est pris pour 13h45. Εν τάξει tout va bien ! Nous allons nous promener dans le village et nous rafraichir à la source de l’ancien lavoir. A l’heure dite Anthoula est prête à remplir les plats, sa fille est prête à nous les apporter, son mari est prêt à nous servir ouzo et vin résiné. Tout se passe dans la bonne humeur. Depuis le temps que nous venons chez elle, Anthoula veut connaître mon prénom. Je lui présente ma famille, j’élève même un ami et sa femme au rang de frère et belle-soeur, tant je sens que cette réunion toute familiale fait écho pour elle à celle qu’elle vient de vivre quelques minutes plus tôt. Nous dégustons une salade grecque magnifique, des artichauts cuits à l’étouffé, des fèves, des bamiès et de la chèvre comme je n’en ai jamais mangée, un vrai délice ! D’habitude la chèvre c’est filandreux et sec, bref ! Je ne veux vexer personne et surtout pas les chèvres, mais je n’aime pas la chèvre à moins que ce soit la chèvre qui ne m’aime pas… Mais la chèvre d’Anthoula, c’est un vrai bonheur. C’est tendre et bien grillé, c’est goûteux et parfumé, ca se mange sans faim et par pur plaisir. Toutes les 5 minutes, on nous demande si c’est bon, si nous sommes bien, si nous voulons autre chose, si l’eau est assez fraiche et puis sans que nous ne demandions rien, on nous apporte du fromage blanc au miel, des écorces d’orange roulées coulant de sucre, des cafés grecs et du tsiroupo assez fort. Que voulez-vous, quand la cuisinière s’appelle «  Petite fleur » ! Je ne me serais pas crue capable de manger autant et de si bon coeur. Un de mes frères ne cesse de dire : « Qu’est-ce que c’est bon ! Je n’ai jamais rien mangé d’aussi bon » et mi pour plaisanter mi pour le faire bisquer, je lui rétorque, « Tu as déjà dit ça hier ! »  L’atmosphère légère et amicale, la familiarité tranquille et respectueuse, l’accueil sans chichi, la conversation naturelle, le décor simple et vrai. Mon frère me serre le bras tendrement, en ce jour de la Pâque je sens qu’il est ému et moi aussi. Je n’aurais pas cru que le fameux plat de κατσίκα nous fasse un tel effet… 

Photo: terrasse de Spoa. (c) tous droits réservés à GP.  

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