Ma préférence…

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…va toujours aux sites archéologiques ouverts. Qu’est-ce qu’on entend par là ?  Un site non fouillé, souvent dans un endroit quasi désert, laissé tel quel et à l’accès gratuit. L’accumulation de vestiges conduit les Grecs à prendre soin de certains et à les développer, mais à laisser de côté de nombreux autres. Comment  faire autrement quand dans une même localité  il y a 3 ou 4 bâtiments historiques à protéger ? Bien sûr, c’est normal de payer pour entrer dans un site où des milliers d’euros ont été engloutis, un site fouillé, organisé et dans lequel tout est bien expliqué. C’est parlant mais c’est souvent déconnecté de l’environnement, sans âme et envahi de monde. Bien sûr les Grecs ont besoin du tourisme pour vivre et ils sont fiers de montrer au monde leur richesse patrimoniales. C’est un fait ! Mais un autre fait est que pour ma part, je préfère les sites intacts, non pas en bon état de conservation, mais tels que les siècles nous les ont livrés. Ils sont bien intégrés à la nature environnante, comme « mangés » par elle. On n’y voit jamais personne à part quelques randonneurs, pas de guides pour vouloir tout expliquer à tout prix. A moment donné, dire  « Je ne sais pas » c’est reposant… Crapahuter dans les collines laisse le temps de s’imprégner des contraintes du terrain qui souvent offrent des explications logiques. Hésiter sur le chemin à parcourir réorganise l’espace mental pour réfléchir à la question qui naît naturellement sur les lèvres. Finalement il n’y a que les chardons qui peuvent se révéler désagréables… Paradoxalement le site fouillé, réinventé et remis à neuf est comme une verrue incongrue posée dans son environnement, alors que la ruine négligée s’intègre parfaitement au paysage. Comme un vieux couple, ils ont évolué et vieilli ensemble…

Photo: Karpathos, site de l’Ancienne Arkassa et derrière l’île de Kassos. (c) tous droits réservés à GP.

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