Epitaphios à Olymbos, 3

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Vendredi-Saint, Epitaphios à Olymbos, au nord de l’île de Karpathos. Pas de touristes encore, les Grecs prennent le temps de bavarder et de s’enquérir de ce que nous sommes venus faire dans leur village. Maria, toujours fidèle à son bistrot, nous sert à boire sur des tables dans la rue. En tirant sur une chaise de paille pour s’asseoir, on voit deux chatons qui viennent de naître sur le siège. Qu’à cela ne tienne, d’une main Maria déplace la chaise pour que ses protégés, qui se tortillent de surprise, prennent des forces au soleil et de l’autre nous sert les cafés. Elle me laisse quelques instants avec son mari : «  Oui, il a encore gagné le concours de dzambouna (cornemuse rustique). Oui, les géraniums ne sont pas encore fleuris, tout a deux semaines de retard cette année, même les fleurs sauvages ! Oui, la guerre en Ukraine c’est terrible… » On sent qu’un poids pèse sur les épaules et dans le coeur des villageois et cette année Maria n’est pas décidée à nous amener manu militari à l’église, nous y allons tous seuls en montant par la rue commerçante quasi déserte. Les magasins ne sont pas encore ouverts, tant pis pour moi qui voulais acheter des chaussures made in Karpathos par le cordonnier/apiculteur du village. Peu de monde à l’église, mais l’Epitaphios est bien là couvert de fleurs, de lettres et de photos. En sortant, je vais revoir les moulins et je m’apprête à entrer dans la boulangerie, mais elle-aussi est fermée. Un voisin me renseigne :« La boulangère est malade à l’hôpital… »  Cela m’attriste, la dernière fois que je l’ai vue, elle avait l’air si enjouée …

Photo: Les moulins d’Olymbos, Karpathos. (c) tous droits réservés à GP.

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