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Pour le commun des mortels « iconoclaste », littéralement briseur d’images, est une injure distinguée lue dans les albums de Tintin, mais ce mouvement spirituel qui a perduré jusqu’au VIII° siècle a provoqué quasi des guerres et la destruction de merveilleuses oeuvres d’art antique. La crainte que les portraits de culte devenus icônes engendrent une forme d’idôlatrie couvait depuis le II° siècle avec Tertulien et au III° avec Lactance. Le IV° siècle a peur que le paganisme et ses représentations artistiques empêchent le christianisme de se développer, d’autant que les villes grecques sont dépouillées de leurs oeuvres d’art pour être amenées à Byzance. Au V° siècle, le christianisme est bien implanté, les oeuvres d’art du paganisme ne constituent plus un danger et Saint Basile peut appeler à la rescousse les artistes en qui il voit des propagateurs de foi. Mais l’influence prépondérante des monophysites, qui disent que le visage du Christ est insaisissable, et des fanatiques comme l’évêque Sérénus font le reste. Dans tout le monde grec, à Chypre et même à Marseille on détruit les images antiques et les icônes religieuses. Le canon 100 du concile de Byzance interdit en 691 « les peintures trompeuses et exposées aux regards et qui corrompent l’intelligence en excitant les plaisirs honteux ». Comme stupidité, on n’a pas fait mieux !
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