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Arrivée avec armes et bagages au très joli village d’Emborio dans l’île de Santorin où j’ai loué un gîte traditionnel baptisé d’un nom mystérieux et dépourvu d’adresse. J’avais imaginé qu’il serait très facile à trouver et j’avais tort ! Après avoir fait 3 fois le tour de la place, évité des marches, des sens interdits et des ruelles trop étroites pour passer en voiture et m’être garée avec difficulté, je commence à me renseigner par les canaux habituels : boulangerie, petite supérette, bureau de poste, dame étendant du linge dans son jardin, motocycliste pétaradant et pope entre deux églises… Mais personne ne connait le nom de cette maison, pas plus que son emplacement et encore moins la propriétaire qui, vivant à l’étranger, a dépêché sur place Popi. La plate-forme de réservation en ligne n’a donné aucun contact téléphonique avec le loueur, sans doute a-t-elle peur que j’aille jeter un cocktail molotov dans son jardin ou perpétrer un attentat de la pire espèce contre ses arrière-neveux ? Avec pour tout contact une adresse mail qui ne sera peut-être consultée que le surlendemain dans le meilleur des cas, je continue mon errance dans les ruelles en brandissant la photo de la maison que j’ai pris soin d’imprimer, jusqu’à ce que je rencontre et aborde Yorgo. C’est un type sympa qui va me consacrer 2h et demie de son temps, arpenter rapidement les ruelles, les rampes et les escaliers, me conduire jusqu’à l’église et scruter avec moi le moindre indice depuis le parvis qui domine le bourg d’Emborio. Finalement j’aperçois la maison légèrement en contrebas du rempart. Je la reconnais grâce à mon papier qui commence sérieusement à se gondoler. Yorgo est perplexe, il ne voit pas du tout comment s’y rendre. Nous repartons dans les ruelles, ça monte, ça tourne, ça descend et nous arrivons au pied de la terrasse bleue mais il n’y a pas d’entrée. J’avise une voisine qui nettoie des légumes sur une table de jardin, elle ne sait pas comment on va dans cette maison au-dessus de la sienne… Ca commence à devenir un truc de fou ! Encore des marches, puis un sentier terreux, un âne et des poules dans un jardin et, finalement, par un petit portail bleu nous entrons dans la cour… Personne ! Là Yorgo se déchaîne, il téléphone à je ne sais qui, je l’entends parler et même crier assez fort en allemand puis il me dit avec un sourire: « Popi est à l’église ». Tout mon corps se révulse, oh non ! Moi, je ne refais pas le chemin inverse, je m’affale de tout mon long sur la petite terrasse ! Yorgo rit : « Non, elle arrive! » Il devrait y avoir plus de Yorgo dans ce vaste monde…
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