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Dans les chansons populaires grecques, la mère de famille évoque souvent ses deux fils : l’un colporteur, l’autre brigand. Il est évident que les fratries grecques ne se résument pas à ça, mais c’est ce que la littérature populaire retient ! On a l’impression que le fils unique, fierté de toutes les mères méditerranéennes s’est dédoublé en deux entités qui s’opposent mais se complètent, à moins qu’il ne s’agisse effectivement que d’un seul fils mais à deux moments de sa vie… Car le colporteur qui se déplace rapidement de village en village est bien placé pour devenir brigand à l’occasion… Enfin… il y a brigand et brigand ! Bien sûr le sale individu cruel et mal intentionné existe dans la vie et la littérature, mais des glissements de sens s’opèrent subtilement vers un brigand qui n’est pas forcément un réprouvé. C’est le klephte, littéralement le voleur. La littérature grecque s’est emparée de ce personnage qui se bonifie au fils du temps pour devenir le résistant prenant le maquis dans la montagne, le bandit d’honneur luttant contre l’oppresseur. Une sorte de Robin des Bois grec mais en plus sauvage, plus déterminé, plus indépendant et moins contrôlable car le klephte peut aussi devenir à l’occasion armatole, c’est-à-dire garde-frontière, et même encore bandit de grand chemin !
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