-« Que fait votre fils ? …

Temps de lecture: 2 minutes

-Il est brigand » ! Cette affirmation, maintes fois notée dans les chansons populaires, a de quoi étonner. Sans doute correspond-elle aux réalités familiales souvent moins jolies que ce qu’on veut bien en dire… aux nécessités quotidiennes liées à la pauvreté… aux mythes qui magnifient le bandit d’honneur… aux exils qui font que les parents ne savent plus ce que sont devenus leurs enfants ? Dire qu’il est bandit c’est encore lui donner de la matérialité et une certaine aura, car le bandit est nécessairement indépendant, courageux et son activité est invérifiable ! Dans la littérature populaire, la mère a généralement deux fils, dont l’un est brigand et l’autre commerçant. Par commerçant, il faut sans doute entendre colporteur πραμματεύτης «celui qui vous apporte des choses». Cette double filiation, c’est la matérialisation de ce qui est mal et de ce qui est bien. S’il n’y a pas véritablement de gradation dans le bien, il y en a dans le mal, car le pire c’est que votre fils, le brigand, soit l’auxiliaire de Charon, la mort, ou soit lui-même Charon :

«  Car j’ai un fils marchand, car j’ai un fils brigand :

Il ne vend pas de marchandises, il ne vend pas de cotonnades,

Mais en guise de citronniers il prend de jeunes femmes, en guise de cyprès les jeunes hommes. »

Mirologue, Que dit la mère de Charon ?

Photo: (c) tous droits réservés à GP.   

Laisser un commentaire