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La romancière Elizabeth Jane Howard dans le roman Une saison à Hydra fait dire à Alberta la jeune héroïne de 19 ans: « Les principaux animaux de l’île : ânes, mules, chèvres, chats, chiens et poulets. D’après moi aucun d’entre eux n’a la vie facile selon les critères anglais, mais peut-être qu’étant grecs ils ont une conception différente de l’affection et de la sécurité. (…) Sur le chemin nous avons croisé un tout petit âne attaché au troisième arbre d’une rangée. il n’avait rien à manger ni à boire, rien à faire et personne à qui parler. Il se tenait immobile, la tête légèrement baissée, le regard dans le vide, et donnait l’impression de vivre ça tous les soirs. » Sensible et ignorante du quotidien des Grecs d’Hydra, l’île sans voiture, elle humanise les ânes qu’elle voit en leur prêtant des pensées, des désirs et des états d’âme. Se souciant de leur bien-être, elle va jusqu’à interpréter la position de leur tête. Or nous sommes bien avant l’instauration des droits des animaux, puisque le roman a été écrit dans les années cinquante… Pour l’autre personnage féminin Lilian, l’anthropomorphisme se fait plus discret et volontiers humoristique toujours à propos de la position basse de la tête des ânes et des mules, mais la conclusion est toute différente : « Seuls les ânes et les mules se tenaient tête basse, l’air calmes et désabusés, comme si (…) ils tentaient de retenir leur souffle pour faire passer une crise de hoquet. »
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